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DISCOURS: Élection du président

Le discours suivant a été prononcé le 26 mai 2025 avant la tenue du vote à la Chambre des communes visant à élire le Président de la 45e législature.

Monsieur le président, j’aimerais à mon tour souligner que nous sommes réunis aujourd’hui sur le territoire traditionnel non cédé du peuple anishinabe algonquin.

Il y a un peu plus de 20 ans, je prenais ma place pour la première fois à la Chambre; dans la toute dernière rangée, en fait.

J’ai été élu à la Chambre il y a un peu plus de 20 ans. C’est un moment dont je me souviens avec fierté et c’est pourquoi je tiens à féliciter tout particulièrement les députés nouvellement élus, qui siègent à la Chambre pour la première fois aujourd’hui. Que nous soyons assis au premier rang ou au dernier, comme à l’ancien Forum de Montréal, il n’y a pas de mauvais sièges dans cette enceinte.

Nous sommes tous égaux ici. Nous avons tous parcouru le même chemin, relevé les mêmes défis et surmonté les mêmes obstacles pour mériter l’honneur et le privilège d’être la voix de nos concitoyens au Parlement. La démocratie, c’est le plus grand atout du Canada, et c’est ici même, dans cette enceinte, que la démocratie vit et respire.

La démocratie ne s’arrête pas au jour du scrutin. C’est une affaire vivante et elle se loge ici, à la Chambre. Ultimement, c’est la qualité de notre démocratie qui fait la force de notre pays, la force des nations, des communautés, des provinces et des régions qui forment notre société canadienne.    

On dit à juste titre qu’il ne peut y avoir de véritable liberté sans ordre. De même, à défaut de règles et de discipline, il nous serait impossible d’échanger des idées de façon véritablement constructive à la Chambre des communes. Il n’y a rien de mal à distribuer de bonnes mises en échec, même percutantes, voire polémiques. J’en ai moi-même déjà reçu quelques-unes. Les débats vigoureux font la force d’une démocratie, et c’est avec une démocratie forte qu’on bâtit un pays résilient. Le problème, c’est quand les bâtons sont trop élevés.

 Les Canadiens veulent que les bâtons demeurent sur la glace, et il incombe au Président d’y voir. Je suis un optimiste: je crois qu’il est possible de réfuter un argument de façon habile et convaincante sans recourir à des invectives ni à l’intimidation. J’ai vu tous mes collègues y parvenir, quelle que soit leur allégeance.

Plus de 20 ans d’expérience parlementaire m’ont préparé à relever le défi qui consiste à trouver le juste équilibre entre, d’une part, le respect et l’ordre, et, d’autre part, des débats vigoureux qui permettent de tirer les choses au clair.

J’ai fait le tour. En 20 ans, j’ai siégé des deux côtés de la Chambre: 10 ans dans l’opposition, y compris lorsque l’avenir de mon parti semblait plutôt incertain, et 10 ans, au total, sur les banquettes de la députation gouvernementale. Je connais les deux faces de la médaille et je suis sensible aux impératifs de mes collègues des deux côtés de la Chambre.

Il faut rappeler que le Président est également un administrateur chapeautant les opérations et les services de l’enceinte parlementaire. Mes 20 ans m’ont accordé une connaissance approfondie des rouages de l’appareil administratif de la Colline du Parlement et de son cadre réglementaire.

Notre devoir envers les Canadiens et envers nous-mêmes est de cultiver notre démocratie parlementaire dans un monde où les tumultes se multiplient et où nombreux sont ceux qui pensent que la démocratie est un processus inefficace et laborieux.

Le Canada a toujours été fondé sur des valeurs. Notre pays est né d’une volonté d’affirmer, contre vents et marées, un ensemble distinct de valeurs dans la partie supérieure du continent nord-américain. Ainsi, nous sommes une confédération de peuples fondateurs, de nations et de régions diversifiées et fières. Si notre voisin du Sud peut être considéré comme la Rome des temps modernes sur le plan de la taille et du pouvoir, alors nous sommes l’Athènes par notre culture, nos valeurs et notre démocratie. Le Canada doit se percevoir comme tel et incarner ce modèle.